
À seulement 19 ans, THBW commence à faire son nom. Originaire de Namur, le rappeur belge mélange textes introspectifs et grosses prods trap, le tout porté par une identité visuelle mystérieuse. Révélé auprès d’un plus large public avec 2h03, l’artiste accumule les vues sur TikTok tout en construisant une vraie connexion avec son public. De passage à Paris pour son premier concert solo à La Boule Noire, THBW s’est confié à Lyrics Spacee sur ses débuts, ses influences, son rapport à l’écriture et la suite de son aventure musicale.
Tu viens de Namur, en Belgique. C’était important pour toi de représenter ta ville avec ce concert à Paris ?
Oui, clairement. Aujourd’hui, on veut montrer que Namur aussi peut avoir sa place sur la scène. On n’est pas obligés de venir d’une grande ville pour proposer quelque chose.
Pourquoi avoir choisi La Boule Noire pour ce premier concert solo à Paris ?
C’est emblématique. Quand on te parle d’un concert à Paris, tu penses directement à La Boule Noire. C’est une salle mythique. Franchement, je pensais que j’allais beaucoup stresser aujourd’hui, mais là ça va encore. Dans deux heures, ce sera une autre histoire (rires).
Tu avais déjà l’expérience de la scène avant ce concert ?
Un vrai concert solo, non. Mais j’avais déjà fait quelques apparitions à Paris, notamment en guest avec Lushe ou Rutra. On avait aussi fait Lyon, qui était sold out, et plusieurs dates en Belgique. Ça aide à prendre de l’expérience.
Comment tu définirais ta musique à quelqu’un qui te découvre ?
Je dirais que c’est un mélange de deux univers. D’un côté, il y a des morceaux très introspectifs, où les gens peuvent vraiment se retrouver dans les textes. De l’autre, il y a une grosse influence trap, avec des références au cinéma, des punchlines, une autre énergie. Moi, j’écoute les deux styles, donc j’ai voulu créer mon propre mélange.
Tu cherches justement à fusionner ces deux univers dans tes projets ?
Oui. Sur l’EP, on avait beaucoup plus de trap que d’habitude. Mais je voulais garder ce côté introspectif qu’on avait déjà développé avant. Même les roses ont des épines, c’est sûrement le morceau qui représente le mieux ce mélange-là.
Le morceau “2h03” a énormément tourné sur TikTok. Tu t’y attendais ?
Pas du tout. À la base, le son ne devait même pas sortir. Je voulais juste faire du contenu pour TikTok. Puis les vues ont commencé à monter de plus en plus. Après, on a testé un extrait sur Insta et tout a explosé. On ne comprenait pas vraiment ce qui se passait, mais le morceau a pris tout seul.
TikTok, aujourd’hui, c’est devenu indispensable pour un artiste ?
Franchement, oui. Les réseaux sociaux, c’est le tremplin actuel. On l’a vu avec plein d’artistes. Aujourd’hui, si tu veux faire découvrir ta musique, tu es obligé de passer par là.
Pourquoi avoir choisi de porter une cagoule et de garder le mystère autour de toi ?
Parce que je ne veux pas forcément que les gens associent mes textes directement à moi. Le but, c’est qu’ils puissent se reconnaître dedans eux-mêmes. On vit tous des expériences différentes, mais les émotions se ressemblent souvent. Quand quelqu’un m’envoie un message pour me dire qu’il se retrouve dans mes morceaux, j’ai l’impression d’avoir réussi ce que je voulais faire.
Quelles sont tes principales inspirations aujourd’hui ?
J’écoute surtout du rap français. Wallace Cleaver m’a beaucoup marqué dans sa manière d’écrire. Sinon, j’écoute énormément Jolagreen23 et 34Murphy. J’essaie de m’inspirer de tout ça tout en gardant ma propre identité.
Pourquoi tu t’es lancé dans la musique au départ ?
Depuis petit, je suis passionné par la musique. J’écoutais énormément de sons, de Stromae à Gims. Un jour, j’ai voulu faire un morceau pour une fille. Ça n’a pas marché avec elle, mais moi, j’ai adoré créer. Depuis, je n’ai jamais arrêté.
Dans “2h03”, tu dis : “Le bonheur s’en était allé donc j’ai écrit pour combler le manque.” Aujourd’hui, ça va mieux ?
Oui, ça va mieux. Mais je vais continuer d’écrire. J’ai 19 ans, j’ai encore plein de choses à vivre. Tant que j’aurai des choses à raconter, je ferai de la musique.
Après La Boule Noire, tu vois quoi pour la suite ?
Déjà, profiter du concert. Ensuite, on va surtout se concentrer sur la musique. Les concerts et les apparitions, on va ralentir un peu. L’objectif, c’est de revenir encore plus fort ensuite.
Tu travailles déjà sur un nouveau projet ?
Oui, j’ai un album en tête. Je ne peux pas trop en parler pour l’instant, mais il y a un nom à retenir : Wonderland.
Propos recueillis par Etienne Diallo
